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Préface – Le lilas de David

Préface par Frida Anbar, écrivaine

L’écriture d’un premier roman n’est certes pas chose facile. Elle écume nos préjugés et nos peurs ; elle distille nos rêves. Le plus gros défi reste la confrontation de nous-mêmes. Dans ce premier roman qu’elle a eu le courage de nous livrer, Marianne Sawan nous offre un ouvrage parfumé des effluves de son pays natal, le Liban. Néanmoins, il est également irrigué par sa mentalité canadienne. L’intrigue y est percutante, mais surtout humaine. Son expression est noble et élégante, son texte fluide, ses personnages attachants et bien campés. Elle nous surprend par un récit animé de rebondissements où sont dissimulés des fragments de sa philosophie : l’amour, l’appartenance au pays et les choix que nous impose la vie ou que nous dictons à nous-mêmes et aux autres.

Comme l’écrivain est également poète, les chapitres sont truffés de charmants passages de poésies qui enrobent le récit de finesse. Il est également ravissant de découvrir de nouveaux mots que l’auteure invente comme le terme « divorçante ».

Dans un ouvrage, on a souvent tendance à identifier l’auteur au personnage du même sexe. Néanmoins, j’ai senti que Marianne parle à travers tous ses personnages pour exprimer sa pensée profonde. Ainsi elle est simultanément la porteuse des traditions libanaises (Oum Ghassan), la nouvelle génération de femmes de ce pays (Catia), l’héroïne féminine (Lilas) brandissant le drapeau de l’intégrité et du courage et finalement (David), l’archétype du Libanais qui a quitté sa terre et qui a réussi à l’étranger. On y perçoit sa profonde nostalgie du pays natal, mais également la sagesse qu’elle en retire, comme son héroïne, du fait même d’avoir vécu longtemps à l’étranger.

Une nouvelle catégorie de femme émerge à travers sa Lilas. Riche de son héritage oriental, sous les traits de la femme occidentale, elle s’exprime et s’assume entièrement comme l’indique la réplique suivante : «- C’est vous qui devrez m’expliquer. M. Asmar, pourquoi une femme devra toujours suivre ? Rester soumise ? Elle n’est pas une bête à ce que je sache ! Même les animaux de nos jours ne suivent plus leur maître ! ».

Finalement, sur fond d’intrigue amoureuse, l’auteure nous parle honnêtement de ses valeurs humanistes. Elle décortique le thème du retour vers le pays natal et des joies et des déceptions qui en découlent. Elle enrichit celui des relations amoureuses par des leçons généreuses. Il est jubilant de tomber sur des expressions purement libanaises au détour des paragraphes. Libanais et non-Libanais y trouveront la saveur ensorcelante du Pays des Cèdres. En conclusion, Marianne Sawan signe un ouvrage habilement monté. Il est riche en découvertes. On le ferme, le sourire aux lèvres et l’âme vagabonde avec l’impression d’avoir traversé toute une vie ou plusieurs !

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